« Toutes ces années à parcourir le monde à la recherche de moi-même ont été une vaste perte de temps, au bout du compte ». Celui que l’on appelle The Mighty Millborough, le Puissant Millborough, première ironie, est un excentrique solitaire, alcoolique, légèrement obsédé et névrosé, mais si riche et désœuvré qu’il en devient attachant. Des archétypes américains de l’entre deux guerres sont brossés : ses voisins, son village, sa petite vie médiocre dans sa grande maison, et un fameux colis qu’il refuse d’ouvrir.
Les tranches de vie se déroulent sur deux ou trois pages. Le noir et blanc met parfaitement en valeur son dessin précis, fouillé et réaliste. J’apprécie particulièrement le découpage des cases, varié et parfois très audacieux (par exemple un changement de point de vue au beau milieu d’un dialogue, ou bien des animaux de la forêt au premier plan mis dans les cases comme s’il s’agissait de tableaux). Le choix des plans, toujours pertinent et précis, finement cadré, va à l’essentiel et n’est pas sans évoquer le cinéma d’auteur. Tout est soigné, ciselé, voire sophistiqué. Ajouter à cela un ton ironique et savourer la plume délicieuse de Christoph Mueller !
Genre : BD
Public concerné : adulte
Note : coup de cœur